| Compositeur de plus de 100 musiques de films, musicien à Montmartre dans les années 50/60, associé à Bernard Dimey, Michel Vaucaire ou Pierre Barouh, Francis Lai a également composé plus de 600 chansons, interprétées par de nombreux artistes et orchestres dans le monde entier. |
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"En bas de mon studio se trouvait un café-cabaret, Le Pichet du Tertre, dont le patron, Attilio, m'a présenté à Bernard Dimey qui, côté chanson, a été le vrai déclencheur de ma carrière. Au Pichet, on a passé des nuits invraisemblables, pendant lesquelles le challenge était d'écrire le maximum de chansons possible ! Avec beaucoup d'opiniâtreté, Bernard faisait le tour des sociétes d'édition pour essayer de placer nos chansons. Moi, je n'osais pas y aller, j'étais trop timide. L'idée même de jouer devant un éditeur, par nécessité professionnelle, me paralysait ! Ma première chanson enregistrée était Le Guilledou, chantée par Claude Goaty. Ensuite, grâce au travail de Bernard, sont arrivés Mouloudji, Montand, Gréco, ou Piaf. J'étais très impressionné d'être interprété par des artistes que je vénérais et dont j'avais repris les succès, quelques années plus tôt, avec mon petit orchestre." |
"A l'époque où nous avons écrit La Bicyclette, lidée de Barouh était plutôt de me faire faire un disque de chanteur ! En vue de ce 45 tours, Pierre ma un jour confié un texte intitulé La Bicyclette. Les paroles mont tout de suite inspiré. En visualisant ces personnages qui pédalent sur des chemins de campagne, jai trouvé le gimmick de lintro, une phrase en boucle, comme le mouvement dune chaîne de vélo. Jai enregistré une maquette où jinterprétais moi-même la chanson. Pierre ma emprunté la cassette et la emportée avec lui en vacances à Saint-Paul-de-Vence. Là-bas il tombe sur Montand et lui fait écouter cette petite maquette. Tout de suite, Yves Montand lui dit : Ca, je le prends ! Et voilà comment Montand a récupéré La Bicyclette et en a fait un succès que moi-même en tant quinterprète, je naurais jamais obtenu !" |
"Au bout de cinq ou six films anglo-saxons est arrivé Love Story d'Arthur Hiller, pour la Paramount... Ca peut paraître incroyable mais, au départ, j'ai refusé le film ! D'abord, par peur de l'avion, je ne voulais pas aller aux Etats-Unis. Ensuite, a priori, le sujet me semblait plutôt conventionnel. Deux mois après un premier refus, je suis relancé par un deuxième coup de fil. Je décline à nouveau la proposition. Quelques jours plus tard, Alain Delon m'appelle des Etats-Unis. Il m'apprend que Evans a entièrement monté Love Story sur quelques unes de mes musiques et qu'il veut absolument garder cette couleur là. Evans débarque à Paris deux jours après avec une copie du film sous le bras ! En sortant de la projection, j'ai craqué, si bien qu'en rentrant chez moi, je me suis installé devant mes claviers et, tout de suite, en pleine nuit, j'ai trouvé le départ du thème... Bob me disait : "Francis, on va bientôt se retrouver à Los Angeles !". Il n'avait pas tort : quelques mois plus tard, j'ai pris l'avion pour la première fois de ma vie afin de décrocher un Oscar !" |