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Les Réalisateurs

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Francis Lai vu par....

Claude Lelouch

Avec Francis Lai, nos pulsations ne sont pas les mêmes, les siennes sont lentes, les miennes rapides : je ne tiens pas en place, j’ai besoin d’action, j’ai écrit la plupart de mes films en conduisant, en courrant, en voyageant. Francis, lui, a juste besoin de sa petite pièce de travail, au calme. Cette complémentarité fait notre force : c’est une sorte de co-production humaine. Si on doit s’associer à quelqu’un, quel est l’intérêt de le faire avec soi-même ? En l’occurrence, il est inconcevable d’imaginer Francis à ma place : je ne le vois pas comme metteur en scène, sur le plateau d’une grosse production, en meneur d’hommes. Et moi, je serais absolument incapable de travailler comme lui : c’est-à-dire en solitaire, enfermé dans un home studio, travaillant sur trois petites notes qu’il va embarquer jusqu’au bout du monde. Ceux qui voudront le bousculer seront déçus : il faut le laisser marcher à son rythme. Et ce qui fait le succès, c’est le juste milieu. A nous deux, on s’équilibre.
Nous sommes aussi conscients que la ligne d’arrivée est proche. Nous sommes entrés dans le sprint final. Forcément, j’ai de plus en plus envie d’aller à l’essentiel, de donner naissance au film «parfait», avec une partition «parfaite». Après trente et un brouillons, il est temps que nous fassions un film au propre. Avec Ces amours-là, j’ai le sentiment que nous y sommes parvenus. Mais peut-être n’est-ce qu’un brouillon de plus ? Quoi qu’il arrive, j’ai hâte de retrouver Francis pour une nouvelle aventure partagée. Depuis quarante-cinq ans, il est bien plus qu’un ami, un complice, un partenaire de création. Francis, c’est mon double avec des notes.



Jean-Claude Brialy
Connaissant Francis Lai depuis longtemps, j’ai toujours été frappé par son humilité, son côté artisan. C’est un homme discret et généreux. J’aime son sens de la mélodie, son univers romantique et moderne.
Pour ces différentes raisons, Francis était le compositeur idéal pour Un amour de pluie, que j’ai mis en scène en 1974. Sa sensibilité fonctionnait bien avec le sujet, avec le charisme de Romy Schneider. Francis sait être à l’écoute des autres : avant de composer, il a étudié avec attention ma demande, a écouté mes attentes. Puis il a écrit des thèmes simples et sensibles, sans emphase dans l’orchestration. Car il fallait soutenir l’aspect fragile du scénario, traduire une impression de solitude, avec des mélodies légères, qui épousent les émotions, sans jamais les appuyer. Notre collaboration m’a séduit car Francis me ressemble, finalement : c’est un artiste qui a la pudeur des sentiments.


Dino Risi
Francis Lai m’a marqué, bien qu’il soit passé rapidement dans ma vie. C’était en 1976 pour Anima persa (Ames perdues, co-production franco-italienne. Il nous fallait un compositeur français. Ayant apprécié plusieurs partitions de Francis, dont évidemment Un homme et une femme , j’ai sauté sur l’occasion de collaborer avec lui.
Je dois avouer que le personnage me plaît beaucoup. Il comprend vite, de manière instinctive, pas intellectuelle. Pourtant, lui à Paris, moi à Rome, la communication n’était pas idéale. On se parlait par téléphone, il m’envoyait des cassettes. Finalement, son sens du romantisme vient en contrepoint de l’atmosphère étrange du film. Et puis, il y a chez Francis quelque chose de disponible, d’humain, comme chez beaucoup de compositeurs avec lesquels j’ai travaillé. Sans vouloir généraliser, c’est une race de créateurs plus facile à vivre que les cinéastes ou les peintres. Autre qualité, son humilité : comme Nino Rota, il fait partie de ces compositeurs conscients que la partition n’est pas forcément le protagoniste principal, mais un accompagnateur du récit. Sa musique est là, présente, elle participe à l’expression du film, mais sachant se faire discrète, si nécessaire. Elle ne cherche pas à tout prix à avoir la vedette. Enfin, Francis partage un point commun avec Carlo Rustichelli, avec lequel j’ai également travaillé : ce sont deux compositeurs forts en thèmes. Personnellement, au cinéma, j’adore entendre une mélodie qui se répète, façon leitmotiv, qui devient indissociable de l’image.
En 1991, quand j’ai réalisé Tolgo il disturbo (Valse d’amour), j’ai pensé à Francis, à nouveau. Son travail sur Ames perdues m’avait laissé un souvenir chaleureux. Je l’ai appelé, notre duo s’est reformé. Et ces retrouvailles ont réactivé le souvenir de notre première rencontre, quinze ans plus tôt. C’était dans son studio. Francis s’est installé derrière son clavier-accordéon et m’a joué plusieurs mélodies. Il me paraissait discret et modeste, presque dilettante. Et ça me plaisait beaucoup : j’aime les artistes qui ont un côté amateur. Leur sensibilité me touche davantage. Les dilettantes comme Francis ont leurs propres idées alors que les professionnels ont les idées des autres !


Michel Boisrond
Avec Francis, on s’est rencontré sur La Leçon particulière, en 1968. D’emblée, sa facilité mélodique m’a frappé. Sur ce point, je lui ai immédiatement trouvé des similitudes avec le guitariste Henri Crolla, avec qui j’avais travaillé sur Une parisienne et Voulez-vous danser avec moi ? avec Brigitte Bardot. Tous les deux n’orchestraient pas et avaient recours à des arrangeurs. Souvent satisfaisant, le résultat ne possédait pas toujours la clarté, la pureté de ce que le compositeur m’avait joué au départ. C’est autre chose, plus écrit, moins simple. Alors que, précisément, j’appréciais ces deux compositeur pour leur simplicité.
Ce ne m’a pas empêché de continuer à collaborer avec Francis, notamment sur Le Petit Poucet, où sa musique renouait avec le charme des comptines de notre enfance, en traduisant magnifiquement un sentiment de merveilleux. Enfin, mon souvenir de Francis, c’est aussi celui d’un homme courtois, d’une grande chaleur dans le rapport humain. L’avoir devant moi, me soumettant ses thèmes à son clavier accordéon, reste l’un des plus beaux souvenirs musicaux de mon parcours.


Henri Verneuil
A mes yeux, Francis Lai est l’aristocrate de la mélodie. Mais de la mélodie audacieuse, celle qui sait rester populaire. Longtemps après avoir oublié l’histoire, on se souvient toujours de sa musique, ce qui est terriblement agaçant pour un metteur en scène. Mais quel bonhomme ! Et quel apport !


Michael Winner
En 1967, pendant la préparation de Qu’arrivera-t-il après ?, Universal m’a proposé de confier la partition de ce film à Francis Lai. Quand votre employeur vous impose plus ou moins un collaborateur de création, vous avez tendance à résister, même si la personne en question est de grande qualité. Dans ce cas précis, la réécoute d’Un homme et une femme m’a prouvé que j’aurais tort de me priver de Francis.
En fait, je pense que chaque compositeur possède un emploi bien défini. Jerry Fielding, par exemple, vous apportait du dynamisme, de la vitesse. Francis Lai, c’est autre chose. Son registre est celui de l’émotion. Qu’arrivera-t-il après ? était un film au romantisme triste : Francis lui a injecté beaucoup de cœur, de sensibilité. A partir de là, il m’a été difficile de me passer de lui. Au début réfractaire, je suis devenu accro à Francis, à son écriture, qui m’a accompagné sur deux autres films, Hannibal Brooks et The Games. On ne s’est pas revu depuis plusieurs décennies mais si demain je tournais un nouveau film, c’est Francis que j’appellerais spontanément.


Michel Legrand
Pour moi, Francis Lai est un homme d’instinct et un mélodiste rare. Il a des idées mélodiques que personne n’a eu, n’a ou n’aura. En cela, ce qu’il crée est unique. Francis a beaucoup de fraîcheur, de simplicité dans son écriture. C’est un musicien à deux lignes. Mais les deux lignes en question possèdent un vrai caractère, une force, une poésie. Et, surtout, elles n’appartiennent qu’à lui.
Nos chemins se sont croisé sur Les Uns et les Autres de Claude Lelouch. La partition était vraiment imposante et on m’avait chargé de composer la partie américaine. Au-delà de cette mission, je devais tout arranger, y compris les thèmes de Francis, pour que l’ensemble de la partition ait une homogénéité dans sa couleur orchestrale. Je dois avouer que cette rencontre avec la musique de Francis m’a beaucoup intéressé : nos sensibilités respectives font bon ménage. Car Francis possède une vertu unique : dans sa démarche musicale, il est authentique. J’ai pour lui de l’amitié et du respect.


Jean-Claude Petit
Mes relations avec Francis Lai ont d’abord été d’ordre sportif, via le tennis et le ski. J’ai découvert un personnage timide, pudique, à l’écoute des autres. Son humilité est vraiment sincère : il ne cherche jamais à se mettre en valeur, ni à se positionner au-delà de ce qu’il se considère être. Dans un métier où la frime est de rigueur, voilà qui est plutôt rare.
Ayant travaillé avec Piaf, Francis représente une certaine tradition de la musique populaire. Sa principale caractéristique, c’est une invention mélodique originale, indémodable et très française. Je dirais même intemporelle. Un homme et une femme, l’une de ses grandes partitions, pourrait être écrite aujourd’hui dans le même esprit, avec le même traitement orchestral. Car les idées de Francis ont l’avantage de la fraîcheur et de la spontanéité. Enfin, j’aime Francis et son humanité. Et je pense ne pas être le seul. La preuve : je n’ai jamais entendu personne dire du mal de lui.

Entretiens réalisés par Stéphane Lerouge (1994)

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